Un appareil de massage rechargeable pour la nuque : Bernhard Egger de l’ASSOCIATION DE COMMERCE.Swiss lors de l’inspection de la commande test passée sur Temu. Photo : Boris Müller.
Article de presse de Christopher Gilb, Tages-Anzeiger Zürich, que nous publions avec l’aimable autorisation de l’auteur. Traduit par l’ASSOCIATION DE COMMERCE.swiss
En bref :
- Selon Bernhard Egger, directeur de l’ASSOCIATION DE COMMERCE.swiss, les produits vendus sur Temu présentent fréquemment des lacunes en matière de sécurité et de respect des droits de marque.
- L’Union européenne vient d’infliger à Temu une amende de 200 millions d’euros pour non-respect des normes de sécurité.
- Une motion du conseiller aux États Benedikt Würth vise à imposer l’identification automatique des produits non autorisés sur les plateformes en ligne.
- Le conseiller aux États Fabio Regazzi réclame en outre une taxe sur les petits envois en provenance d’Asie afin de financer des contrôles plus fréquents.

Bernhard Egger n’est pas fan des serviettes en provenance d’Asie. Photo : Boris Müller

On trouve beaucoup de produits arborant la croix suisse et le drapeau suisse sur Temu.
Photo : capture d’écran Temu
Une autre motion réclame un renforcement des contrôles des colis
Temu s’oppose de manière générale à toute réglementation. Les responsables de la communication de Temu, actifs dans les régions germanophones, font du lobbying pour le compte de l’entreprise afin d’assurer que Temu a déjà considérablement renforcé ses procédures de contrôle de la qualité.
Cette démarche est devenue nécessaire, car la pression s’accentue. À la fin de la semaine dernière, il a été annoncé que Temu devra s’acquitter d’une amende de 200 millions d’euros dans l’Union européenne, précisément en raison de manquements aux normes de sécurité.
Interrogée sur la conformité des trois produits testés aux exigences suisses en matière de sécurité et de droit des marques, Temu n’a pas répondu. Dans ce type de situation, Temu fait généralement valoir qu’elle n’est qu’une place de marché et que la responsabilité des produits incombe aux fabricants qui les commercialisent.
Avant le débat parlementaire, le Conseil fédéral a recommandé le rejet de la motion du conseiller aux États Benedikt Würth. Selon lui, la vente sur les plateformes de produits non autorisés en Suisse est illégale. Mais Würth et ses soutiens estiment que ces normes légales n’impressionnent guère Temu, Shein et d’autres plateformes similaires, et que le problème devrait donc être rendu plus visible.
Une deuxième motion concernant Temu devrait également être examinée dès lundi. Elle vise à améliorer le contrôle des petits envois en provenance de Chine. Cette motion, déposée par le conseiller aux États tessinois Fabio Regazzi (Le Centre), demande l’instauration d’une taxe spéciale de quelques francs suisse sur les petits envois en provenance d’Asie, à l’instar de celle actuellement mise en place dans l’UE, où elle s’élève à 3 euros.
Cette taxe est destinée à financer le renforcement des contrôles douaniers sur ces envois. En effet, sur les quelque 26 millions de petits colis en provenance d’Asie enregistrés chaque année, seule une petite partie est contrôlée et retirée de la circulation en cas de non-conformité à la législation suisse. Les conditions pourraient donc bientôt se durcir pour les plateformes chinoises de commerce en ligne en Suisse.

